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Pourquoi Nous Jouons

ERIK THOENNES

Cette semaine, j’ai eu le plaisir de voir une douzaine d’enfants de 5 ans suivre un cours de tennis. Au debut, leur instructeur leur a simplement demandé de courir vers l’avant puis vers l’arrière sur une distance de 3,5 m masi ils ont fait bien plus que cela; il leur a demandé aussi de sauter, faire des bonds, tourner, rire, imiter des animaux, courir les yeux fermés, tomber de façon spectaculaire, se relever et s’écraser volontairement les uns contre les autres, et tout cela faisait partie du cours. Ensuite lorsqu’il leur a remis les raquettes de tennis, la joie des enfants était immense. Les raquettes sont rapidement devenues des guitares, des épées, des cannes, des chevaux, des trombones, des fusils et des cannes à pêche. L’activité était constamment à la limite de l’improductivité et du chaos total, car les enfants jouaient aussi instinctivement qu’ils respiraient mais parceuqe l’animateur avait bien compris le besoin insatiable des enfants de jouer, il leur a permis de le faire en totue liberté et cela a très bien marché.

Cette semaine, j’ai également lu l’histoire d’un père qui a été emprisonné pendant huit ans pour avoir tué involontairement l’un des adversaires de tennis de son fils après lui avoir administré un médicament qui provoque la somnolence. Le père, qui faisait tout ce qu’il pouvait pour assurer la « réussite » sportive de son fils et de sa fille, avait également dopé les bouteilles d’eau de 27 autres adversaires sur une période de trois ans.

La différence entre l’instructeur qui aime s’amuser et le père obsédé par la victoire ne pourrait être mieux soulignée par cet exemple et cette différence met en évidence des manières radicalement opposées de considérer le sport dans la culture occidentale. L’un a préservé dans le sport cette expression à la fois saine et joyeuse du profond penchant humain pour le jeu ; l’autre s’est enfermé dans une conception utilitaire du sport qui étouffe le jeu et le pouvoir d’ouverture du sport. L’un apprécie le processus même de la pratique d’un sport ; l’autre a malheureusement transformé le sport en une expression hideuse de l’orgueil, de l’insécurité, de l’envie et de la méchanceté de l’être humain.

Qu’est-ce qui nous empêchera de transformer le sport en quelque chose de laid plutôt qu’en quelque chose de beau ? Est-ce possible de faire du sport pour la gloire de Dieu ? Le jeu et le sport peuvent-ils même nous aider à accomplir le but que nous nous sommes fixé dans ce monde magnifique mais tragiquement déchu ?

Quête personnelle

Mon intérêt pour le jeu est profondément personnel. J’écris en tant que personne qui chérit le jeu et qui a lutté tout au long de sa vie pour savoir quand son jeu est pieux et quand il ne l’est pas. Dieu a utilisé le jeu dans ma vie, en particulier dans le sport, pour maintenir au moins une partie de ma santé mentale et pour calmer l’amertume et la colère. J’ai eu des défis difficiles à relever dans ma vie et, en tant que pasteur, j’ai cherché à porter les fardeaux des autres masi j’ai pu constater pour ma part que la capacité de jouer est l’un des plus grands dons de Dieu pour faire face aux difficultés de la vie dans un monde déchu.

Aussi loin que je me souvienne, le jeu, basé sur la connaissance de l’amour de Dieu pour moi, m’a souvent empêché de sombrer dans le désespoir et le ressentiment. Pouvoir jouer, surtout dans les moments difficiles, a été l’une des plus grandes bénédictions de Dieu dans ma vie. Mon intérêt pour le jeu est donc bien plus qu’académique et j’espère qu’il en est de même pour vous.

5 Raisons pour Comprendre et Apprécier le Jeu

1. Le jeu est une expérience humaine unique, universelle et donnée par Dieu.

L’une des premières choses que fait un bébé pour exprimer son humanité est de jouer et de rire. Ce premier jeu de cache-cache fait non seulement fondre le cœur des parents, mais il établit aussi un lien humain unique. Le jeu est un élément fondamental de l’être humain. Comme le dit Jackson Lee Ice, « l’homme est le seul animal qui pleure » :

L’homme est le seul animal qui pleure et rit, qui sait qu’il pleure et rit et qui se demande pourquoi. Il est la seule créature qui pleure parce qu’elle pleure et qui rit parce qu’elle rit. C’est l’espèce la plus joueuse, la plus joueuse et la plus généreuse qui ait jamais marché sur terre, toujours prête à provoquer ou à être provoquée par le jeu ; même au milieu de la peur et de la douleur, il est capable d’améliorer sa misère de manière incongrue par un sourire, un jeu de mots ou une plaisanterie. Il est le bouffon dans les cours de la création.[1]

2.  Le jeu est un élément essentiel de la plupart des relations humaines saines et significatives.

La capacité à bien jouer avec les autres est l’une des premières expressions sociales que nous recherchons dans le développement humain. Bien que nous ayons tendance à oublier comment jouer lorsque nous « mûrissons », cela reste une qualité vitale dans les relations humaines les plus édifiantes.

3. Le jeu a tendance à être perçu comme quelque chose de frivole ou comme une fin en soi.

Le jeu, et en particulier le sport, a tendance à être considéré comme dénué de sens, contraire à une vie chrétienne modeste et issu du monde. On craint par ailleurs que les chrétiens soient entraînés dans l’idolâtrie du sport et des loisirs comme une fin en soi à rechercher à tout prix. Il est donc important de comprendre ce que nous dit la Bible sur le jeu comme et de le voir comme quelque chose qui nous est donné par Dieu pour Sa gloire et pour notre bien, mais jamais comme une fin en soi; cela aidera les entraîneurs, les athlètes, les coachs et les mères de famille à apprécier le jeu et à l’utiliser comme un moyen de glorifier Dieu. Cela nous aidera à avoir une nouvelle perspective sur la  vie telle qu’elle est prévue par Dieu. « Ainsi, que vous mangiez, que vous buviez ou que vous fassiez quoi que ce soit, faites tout pour la gloire de Dieu (I Corinthiens 10:31).

4. La maturité chrétienne inclut une bonne compréhension biblique de l’idée du jeu.

Comme dans tous les aspects de notre vie, le jeu doit faire partie des effets sanctifiants de l’oeuvre du saint Esprit.

5. Les pasteurs ou serviteurs doivent aider les gens à bien jouer.

Un chrétien qui prend à coeur son rôle de serviteur doit être en mesure d’aider les autres à jouer selon Dieu. En tant que pasteur qui conduit un troupeau de saints appelés à grandir mais aussi en tant qu’enseignant auprès d’étudiants qui ont un réel désir de mieux connaitre Dieu, je suis convaincu que pour aider les gens à survivre dans un monde qui souffre, il est important de développer une bonne capacité à jouer. Un ministre de l’Evangile doit pouvoir pleurer, être en deuil, mais aussi rire et jouer de la bonne manière et encurager d’autres à faire de même.

Prendre Dieu au sérieux mais ne pas se prendre au sérieux

Le jeu n’est pas accentué en tant que tel dans la Bible et l’encourager dans une culture qui par ailleurs banalise si souvent et si facilement Dieu et la vie elle-même peut ne pas s’avérer très utile. Pourtant, je crois qu’un sens du jeu est nécessaire pour avoir un bon regard sain sur la vie en général en tant que chrétien. Ne pas être en mesure d’apprécier le jeu dans la vie chrétienne pourrait facilement transformer la piété en moralisation, la révérence en rigidité, et la sanctification en étroitesse d’esprit. Nous devons prendre Dieu au sérieux autant que possible, mais jamais nous-mêmes.

Dieu nous invite à nous approcher de Lui en tant qu’enfants libres, pardonnés et confiants. Nous devons nous approcher de notre Dieu saint avec une crainte saine et des cœurs brisés par la déchéance de notre monde mais le peuple de Dieu est également appelé à se réjouir, à chanter, à jouer et à rire parce que nous savons que le propriétaire de toutes choses est en train de déployer Son plan parfait qui se terminera par un banquet de noces et par une résolution et un repos parfaits. Cette ferme espérance dans la puissance souveraine et la bienveillance de Dieu nous permet de jouer en toute innocence d’abandon avant même que le grand banquet des noces ne commence.

[1] Jackson Lee Ice, “Notes en vue d’une Théologie de l’Humour,” la Religion asn la vie: Revue trimestrielle chrétienne d’opinion et de discussion, XLII, 3 (Automne 1973), 392.

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