Nouvelles d’extrême-orient

La communication de l’Evangile dans un pays étranger est un vrai défi. En plus d’une bonne connaissance de la langue, il convient de comprendre à fond la pensée des interlocuteurs. A cela s’ajoutent la distance entre notre culture d’origine et celle de nos auditeurs, notre apparence, etc… Prions pour les missionnaires qui cherchent à communiquer la Bonne Nouvelle du salut de façon pertinente.

UNE ‘PHOTOCOPIE’ DE L’ EVANGILE ! 

(Dieu et la moralité bouddhiste : ‘une seule et même chose !’)

La Thaïlande est majoritairement bouddhiste et les barrières pour communiquer l’Evangile en Thaïlande sont considérables, malgré le fait que les Thaïlandais soient parmi les peuples les plus ouverts et amicaux que l’on puisse rencontrer… tout comme le propriétaire du magasin de photocopie où je vais régulièrement.

Quand j’ai commencé le club d’enfants, j’ai amené quelques images du soleil, de la lune, des étoiles, des animaux et des chiffres au magasin pour les faire plastifier. Pendant que le propriétaire du magasin les mettait sous plastique, il demanda : Qu’allez-vous faire avec ces images ? Je lui expliquais que je parlais du Dieu qui a créé le monde à des enfants. Ce fut le point de départ d’une discussion spirituelle sur la comparaison des religions. Comme j’avais constamment des images à faire plastifier pour le club d’enfants, nous avons pu avoir de nombreuses conversations sur ces sujets, semaine après semaine. Je n’ai jamais ressenti d’hostilité de sa part, mais je dus me rendre à l’évidence qu’il ne comprenait pas ce que j’essayais de lui expliquer. Maintes et maintes fois, j’ai réexpliqué les points essentiels de la foi chrétienne, mais je n’obtenais qu’une seule réponse de sa part : ‘C’est pareil, pareil.’

Dans le bouddhisme on n’a aucune compréhension du pardon des péchés, aucune puissance qui permette de voir sa vie transformée, mais seulement l’ordre de faire le bien, un commandement sans fondement moral préalable, en quelque sorte. Il n’y a pas non plus de dieu ou d’esprits personnels.

Alors que j’essayais d’expliquer le pardon des péchés et le fait que Dieu ne se contente pas de donner des ordres, mais qu’il entre dans la vie de la personne pour lui donner la force d’obéir et pour la transformer, l’homme acquiesça et dit : ‘Oui, oui, c’est exactement comme le Dharma.’ Dans son esprit, quand je dis : ‘Dieu transforme notre vie’ ou ‘Dieu est là pour nous aider et nous pouvons compter sur lui,’ l’homme remplace tout simplement Dieu par le Dharma, c’est-à-dire, l’enseignement bouddhiste.

Un Dieu personnel qui peut nous aider est un concept totalement inconnu des bouddhistes thaïs. C’est pourquoi beaucoup supposent que le Dieu des chrétiens est une personnification de l’enseignement moral. Donc, quand je dis : ‘Dieu m’aide,’ mon photocopieur entend : ‘Le bon enseignement moral m’aide.’ Les chrétiens peuvent se retrouver dans une situation semblable chaque jour en Thaïlande pour les mêmes raisons.

Des missionnaires chrétiens ont travaillé en Thaïlande depuis plus de 180 ans. Pourtant, seuls 0,5% des Thaïs sont chrétiens. Il est indéniable que le problème décrit plus haut explique ce faible pourcentage, et pourtant, Dieu est à l’oeuvre en Thaïlande. En fait, le taux de croissance de l’Eglise est sept fois supérieur à la croissance de la population. De plus, au cours de ces vingt dernières années, la moitié des églises existantes ont été implantées. Beaucoup de choses positives se passent, mais, pour être efficace dans la communication de l’Evangile, il faut de la persévérance et une compréhension profonde de la pensée thaï, une bonne connaissance de la langue, des collaborateurs consacrés à l’évangélisation, et pas moins d’un miracle !

Karl

PAS UNE CHINOISE TYPIQUE ! 

Actuellement, environ un tiers des membres de l’OMF engagés dans la mission transculturelle sont des Asiatiques.

Quels sont les défis de l’Asiatique sur le champ missionnaire ? Juste pour vous donner une meilleure idée avant de poursuivre, je suis une Philippine d’ascendance chinoise, qui parle un anglais californien et un mandarin ‘étranger’.

Au sommet de ma liste de remerciements, les gens ne me dévisagent pas comme ils le font pour les Occidentaux, parce que je suis asiatique. C’est vraiment libérateur d’être ignorée !

En tant qu’enseignante, j’apprécie de ne pas être accostée journellement dans la rue par des mamans qui veulent que j’enseigne l’anglais à leur enfant ‘assidu’ de six ans, parce que c’est le seul moyen pour lui de réussir et de réaliser leurs rêves.

En revanche, pour quelqu’un qui cherche à se faire des amis, c’est difficile d’être ignoré. Il est peu probable que l’on m’accoste dans la rue et on m’ignorera aussi au club d’anglais.

Et parce que je suis asiatique, on me demande souvent de ‘traduire’ pour mes amis. Je mets ce mot entre guillemets parce qu’en réalité, c’est souvent mon collègue occidental, qui parle mieux la langue que moi, qui doit répondre, alors que les autochtones persistent à se fier à mon apparence.

Dans un restaurant, la serveuse s’adresse à moi mais c’est mon collègue qui commande les plats que nous désirons et répond aux questions de la serveuse. Malgré cela, la serveuse réagit comme si c’était moi qui parlait en chinois. Elle ne remarque pas mon malaise, ni même le fait que ma bouche reste désespérément fermée ! J’ai trouvé cela très déconcertant. Je ne parle pas sa langue, alors pourquoi continue-t-elle de s’adresser à moi ? Mon collègue aussi est vexé. Il aimerait utiliser son chinois mais ne peut pas parce que les gens refusent de ‘voir’ qu’il existe…

Mais on finit par s’y habituer et on apprend à prétendre qu’on comprend quand en réalité on ne comprend rien.

Pour la plupart des Chinois, une personne à l’apparence asiatique et qui ne peut pas parler le chinois

qu’il ou elle a une infirmité.

Des collègues asiatiques m’ont dit avoir été humiliés par des chauffeurs de taxis ou des commerçants parce qu’ils ne pouvaient pas parler la langue. Heureusement, cela n’a pas été mon cas. La plupart du temps, on me demande : ‘D’où venez-vous ?’ quand ils se rendent compte que je ne suis pas du coin. Quand je leur explique que je viens d’un autre pays, ils me disent que mon chinois est vraiment bon ‘pour un étranger’.

Bien sûr, je ne reçois pas le compliment emphatique que mes amis occidentaux reçoivent quand ils disent ‘Ni Hao’.

Hormis mon apparence, je suis reconnaissante de mon héritage asiatique qui me permet de comprendre un peu la culture, parce que ce sont des choses que j’ai déjà vues. En tant que Philippine chinoise, je sais que quand on me demande si j’ai mangé, je dois répondre : ‘Oui, tante, et vous-même ?’ et non pas : ‘Je sors d’un restaurant. Que croyez-vous donc ?’

Si vous avez un arrière-plan asiatique, vous savez comment vous comporter chez les gens, parce que chez vous, vous enlevez aussi vos chaussures. Vous avez l’expérience de recevoir une première fois les conseils de votre tante pour votre vie amoureuse, après quoi il vous faut trouver des excuses pour décliner les prochaines occasions sans perdre la face.

On vous demande : ‘Sortez-vous ?’ alors que vous passez le pas de la porte ; ‘Etes-vous chez vous ?’ quand vous arrivez à la maison. Et on vous dit de porter plus de vêtements pour ne pas tomber malade, de manger davantage, de dormir plus sans quoi vous serez malade…

Toutefois, malgré mon visage et mon éducation chinoise, je me rends compte que j’ai plus en commun avec mes collègues occidentaux qu’avec les autochtones. Non seulement nous sommes unis en Christ, mais quand j’entends un collègue dire : ‘Ho, mon téléphone /vélo /porte-monnaie a été volé,’ je me rappelle que nous vivons tous loin de notre patrie.

Nous expérimentons tous des hauts quand on nous pose des questions sur Jésus, des creux quand on a le mal du pays et nous passons tous par le choc culturel.

Mais alors, nous nous souvenons des paroles de Jésus, de la miséricorde et de la grâce de Dieu qui nous a appelés ici, et peu à peu nous grandissons ensemble en vivant dans ce pays étranger, parce que nous aimons ses habitants.

Carol T.

Court-terme, OMF Philippines

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